Cette semaine du 16 novembre 2020 est la semaine de l’entrepreneur ! Ça tombe bien, Aude Codron (la Big Boss et la créatrice de Réulys) en est une ! Aujourd’hui, on a décidé de lui poser quelques questions afin de vous éclairer sur cette responsabilité et sur Aude !

interview entrepreneur

Qu’est-ce qu’être entrepreneur pour toi ?

Aude : Être entrepreneur, que ça soit pour un homme ou pour une femme, c’est le fait de créer son entreprise, tout simplement ! Un entrepreneur n’est pas forcément un dirigeant et un dirigeant n’est pas forcément un entrepreneur. L’entrepreneur c’est vraiment quelqu’un qui a créé un projet et qui le commercialise.

Être entrepreneur, c’est aimer le challenge. Et surtout, de toujours avoir besoin de se renouveler pour, déjà pour avoir envie de performer et surtout d’aller chercher une performance différente.

Car la plus grosse différence entre la notion de salarié et la notion d’entrepreneur, c’est que le salarié va, certes, faire évoluer son poste, mais quoi qu’il arrive, il aura toujours son salaire en fin de mois, donc ses actions auront un impact relatif sur sa vie personnelle. C’est ainsi moins grave si ça se passe mal !
Alors que pour un entrepreneur, ses actions sont très impactantes sur son entreprise mais aussi sa vie personnelle. C’est là où il peut y avoir quelque chose qui peut être très pervers, entre la notion d’adorer le challenge et de toujours vouloir se renouveler et de parfois se prendre les pieds dans le tapis et potentiellement de se casser la figure.

Entrepreneure, comment le devient-on ?

Aude : Déjà, c’est en ayant le courage de se lancer ! Pour moi, il faut avoir de l’expérience professionnelle. Il y a des entrepreneurs qui vont se lancer sans expériences professionnelles. Sauf qu’à un moment donné, je trouve que ça légitime beaucoup le fait d’être entrepreneur et d’être déjà passé par certaines déconvenues en entreprise ceci permet de ne pas les renouveler lors de la création de son entreprise !

C’est aussi en étant bien accompagné. Que ça soit par un expert-comptable ou encore par un service juridique. Parce que, quand on est entrepreneur, on doit être multi-casquettes, sauf que certaines tâches et responsabilités sont lourdes à porter ! Celles-ci ne doivent pour autant pas être négligées car les conséquences peuvent être lourdes.

Quand on est entrepreneur, est-il possible d’avoir une vie personnelle ?

Aude : Pour moi, ça a été un gros sujet ! J’ai toujours été une « grosse bosseuse », dans le sens où je n’ai jamais eu un métier qui faisait 35h par semaine ! Je n’ai jamais vécu ce confort-là, je n’ai jamais cherché à le vivre non plus. Parce que j’ai toujours eu un statut cadre et que j’ai toujours voulu avoir plus, en évoluant rapidement sur les postes que j’ai pu occuper ! Par contre, quand on est salarié, et même quand on a des responsabilités, en général on a des collègues a qui transmettre et avec qui partager ses difficultés, ses réussites ou se dire « Ok je pars en vacances, mais j’ai tel ou tel collègue qui peut prendre le relai », on sait qu’on a un back-up.

Quand on est entrepreneur, ce back-up n’existe pas. Et surtout quand on est dirigeant d’une TPE/PME puisque les ressources humaines sont restreinte. Nous n’avons jamais cette sérénité !

Me concernant, j’aime me dire que le samedi et le dimanche je ne travaille pas sauf quelques exceptions par contre en semaine je suis 100% dédiée à Réulys. En fait mon entreprise c’est aussi ce qui me fait vivre (dans tous les sens du terme) donc j’ai le challenge constant de la développer. Ca passe par les personnes qui la constitue, la satisfaction client, ou encore le développement du chiffre d’affaires.

Quelles sont les principales qualités pour être entrepreneur ?

Aude : Avoir du courage, de la motivation et d’être un peu « tête brulée » ! Pas forcément être 100 % de cette notion, mais en tout cas d’avoir ce goût du challenge perpétuel et de ne surtout pas prendre la grosse tête !

As-tu toujours voulu être entrepreneur ?

Aude : Oui j’ai toujours voulu être cheffe d’entreprise. Et le mot « cheffe » c’est vraiment important dans la mesure où on jouait au chef d’entreprise avec mes frères quand j’étais enfant.
Évidemment, c’était moi la cheffe d’entreprise systématiquement ! Je n’aurais jamais relégué ma place, j’ai l’avantage d’être l’ainée et du coup on ne me la volait pas ! Je suis aussi la seule fille, j’ai donc du tempérament face à trois garçons.
Ainsi, forcément, depuis toute petite j’ai envie d’être cheffe d’entreprise. Avec le temps, ça s’est confirmé et l’idée a perduré par le biais de mes études et de mes expériences professionnelles !
L’orchestre à mener…

Déjà, j’ai travaillé dans plusieurs de TPE et PME. Ce qui m’a permis d’être proche du chef d’entreprise, du dirigeant, du CEO, peu importe le nom que l’on lui donne ! C’est ce qui m’a permis d’avoir cette vision de l’entreprenariat au plus proche.
En plus, j’ai fait un Master en entreprenariat, c’est ce qui m’a permis de connaitre comment devenir entrepreneur. Ces apprentissages m’ont permis de sécuriser le lancement de mon entreprise !

D’où vient l’idée de Réulys ?

Aude : L’idée… L’idée, j’ai pris du temps à l’avoir. Je ne savais pas vraiment vers quoi partir et quoi mettre dans l’entreprise ! Ce que je voulais, c’était avoir une mission à responsabilité, être aux rênes d’une entreprise. L’idée de Réulys et du cabinet de conseil en stratégie, c’est d’accompagner les dirigeants, parce que c’est ce que je faisais déjà finalement depuis un moment ! Et c’est ce qui m’anime au quotidien ! Le fait d’avoir une seule entreprise et de travailler auprès d’entrepreneurs me donne l’impression d’avoir pleins d’entreprises différentes !

Pouvoir parler d’industrie puis de fleurs en passant par l’immobilier, je trouve ça juste trop cool ! 🙂

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ? Et le moins ?

Aude : Ce qui me plait le plus, c’est les rendez-vous clients ! Déjà, j’aime la notion de prendre la parole, de montrer à quel point Réulys peut leur apporter quelque chose ! J’aime beaucoup les entretiens clients car ils me permettent m’enrichir et par extension d’accroitre l’impact de nos actions.

Ce qui me plait le moins… Je dirais que c’est toutes ces petites tâches qui viennent « parasiter » le bon déroulement d’une journée. Tous les entrepreneurs le vive c’est l’administratif: médecine au travail, déclaration Ursaf, … Ce n’est pas là où j’ai de la valeur ajoutée. Du coup, je préfère m’entourer de personnes qui savent le faire (et le font sûrement mieux que moi, plus efficacement) et j’espère qu’un jour je n’aurais plus à m’occuper de tout ça !

As-tu dû faire face à des problèmes, des obstacles ?

Aude : Je me suis lancée quand j’étais au Népal. Il y a eu une grosse problématique que je n’avais pas anticipé : le décalage horaire. Ça m’a vraiment embêté.

Quand j’ai commencé, les canadiens m’ont fait plus confiance que les français. J’avais donc plusieurs clients canadiens et donc plus de 6h de décalage horaire avec eux… Et, quand ils m’appelaient à 15h chez eux, il était facilement 21h chez moi, c’était compliqué ! Certains rendez-vous avez lieu à 1h ou 2h du matin. Je ne disais pas forcément dès le début aux clients (que j’étais au Népal), c’était pour qu’ils n’aient pas peur et ne se concentrent pas uniquement sur ça mais plutôt sur mes compétences !

Ce qui a été difficile également, c’est de commencer toute seule ! Il y a des gens qui adorent travailler seuls, moi je fais partie de l’équipe qui aime bien travailler avec du monde. Et c’était un réel objectif de recruter. Je m’étais donné un objectif de 3 ans pour recruter, j’ai attendu 2 an, j’étais impatiente ! A tort ou à raison, mais je pense que c’est plutôt à raison.  🙂

Avec le recul, et si j’avais créé mon entreprise en France et non au Népal, j’aurais peut-être essayé d’intégrer un espace de co-working pour avoir cette « fausse » impression d’être en équipe.

Mais aujourd’hui, quand je vois où j’en suis, même si je ne fais pas des milliards d’euros par mois, je garderais le même cheminement ! Il m’a construit et je n’aime pas les « et si ».

Être une femme entrepreneure, ça change quelque chose ?

Aude : Être une femme entrepreneure ne m’a jamais posé de réel problème. Et je pense aussi que j’ai un caractère assez fort pour qu’on ne m’ennuie pas trop !

C’est simplement que, globalement, quand un homme crée une entreprise, on lui dit « T’es trop fort, tu crées une entreprise, c’est génial ! » et puis on l’imagine déjà être assis sur un paquet d’argent ou en train de sauver le monde. Pour une femme, c’est plutôt « T’es sûre ? T’as bien pensé à ton prévisionnel ? Tu réussiras à tout gérer ? ». Les sentiments des uns et des autres vis-à-vis de la création d’entreprise sont moins porteurs, c’est une forme de bienveillance qui n’est pas saine.
Je pense qu’une femme qui se lance doit être encore plus déterminée qu’un homme. Parce qu’il faut se justifier plus qu’un homme. Surtout avec un concept moins standard, un cabinet de conseil en stratégie, peu de personnes savaient ce que c’était… Et peu comprenaient ce que je faisais ! Les gens pensent que c’est un secteur « original », mais finalement ce n’est pas original d’avoir une stratégie dans son entreprise…

C’est donc ça qui a été le plus gênant : devoir me justifier ! Et avoir cette pseudo-impression qu’on ne fait pas confiance autant aux femmes qu’aux hommes.

Et les entreprises, sont-elles plus réticentes ?

Aude : Aujourd’hui, non. J’ai la chance de ne pas avoir un métier qui est stigmatisé féminin ou masculin, en tout cas peu.

Au début, j’ai travaillé pour des canadiens et ils ont beaucoup moins de problématiques sexistes et machistes. Ceci m’a permis de travailler dans des milieux tels que : l’industrie, le bâtiment, les technologies, etc. Ceci me permet aujourd’hui d’avoir des contrats en France. Sans ces entreprises canadiennes, ces contrats français n’existeraient sûrement pas.

As-tu des projets à court ou long terme ?

Aude : Quand j’ai créé Réulys, je voyais Réulys avec 50 salariés à terme. C’est toujours le cas ! Je suis dans une logique de développement.

Je n’ai pas créé Réulys pour m’asseoir sur un million d’euros à ma retraite ! Si je peux le faire, tant mieux, ça voudrait dire que j’ai bien travaillé pour ! Mais ce que je veux demain, c’est avoir une entreprise qui fonctionne bien, avec un bon état d’esprit, et qui sache accompagner les dirigeants dans leurs prises de décisions. C’est vraiment l’objectif à long terme, il me reste encore des dizaines d’années pour y arriver, mais j’espère vraiment que ça arrivera !

A court terme, ça serait l’achat de locaux, et puis la pérennisation des postes qui sont en alternance vers du salariat « standard » en CDI au sein de l’entreprise. Ça voudra dire que l’entreprise est de plus en plus solide et bénéficie de revenus suffisants.

Tout ça permettra à Réulys de développer et de s’envoler ! Notre slogan porte bien son nom pour nous aussi !

Des conseils pour des futurs entrepreneurs ?

Aude : Il y a un conseil qui ne s’applique pas forcément à tous les secteurs d’activité, parce que quand on se lance avec l’achat obligatoire de machines (par exemple), je ne pourrais pas le donner.
Pour des sociétés de services, qui pourrait se lancer par exemple simplement avec un ordinateur et un téléphone, je leur dirais de ne pas trop se poser de questions. De se lancer, et de voir après !
Parce que finalement ce n’est pas grave, même s’ils venaient à se planter. Et que se planter ça permet de rebondir, rebondir peut-être vers la création d’autres entreprises ou rebondir vers un autre poste, etc.

C’est la vision que j’en avais quand je me suis lancée, je me suis dit : « Je suis jeune, dans le pire des cas je me plante, et il faudra peut-être que je me retrouve un boulot parce qu’il me manquera de l’argent. ».

Et puis pour les entrepreneurs au global, je leur dirais de conseiller Réulys pour s’assurer qu’ils ont bien réfléchi à leur stratégie, parce qu’en ayant bien posé les choses dès le début, ça permet de ne pas se fatiguer dans des démarches multiples et variées à terme !

Alors si vous aussi vous voulez vous lancer, mais que vous avez besoin d’aide, Réulys est là pour vous accompagner. N’hésitez pas à nous suivre sur nos réseaux sociaux afin de suivre notre actualité ! Et si vous souhaitez nous contacter, c’est juste ici !